Ruminations à Lille

19 mars 2017

Déjeuner dominical

Aujourd’hui c’était déjeuner dominical (comme aime bien le nommer mon père) chez donc mon père, avec sa (jeune, plus jeune que moi même) copine et ma demi-sœur que je n’avais pas vue (ni entendue) depuis 2 ans. Pour résumer un peu la situation, disons qu’avec ma sœur je trouve qu’on n’a pas grand chose en commun. Déjà elle est la fille naturelle de mon père, pas moi (mon père n’est pas mon géniteur). J’ai 14 ans de plus qu’elle, elle est blonde aux yeux bleus et moi brune aux yeux marrons (enfin noisette). Et on a des caractères assez différents (elle est plutôt comme une puce et moi comme une tortue). Bref. Et donc tout à coup, 1h avant d’y aller on va dire, je me suis dit que je pourrais essayer d’observer mes motivations (par rapport à dimanche dernier). Sauf que là il ne s’agissait pas vraiment de motivations parce que je suis invitée à déjeuner et puis j’y vais, je sais que je vais bien manger (voire un peu trop). Mais pour le coup je me suis rendue compte que je n’arrêtais pas de me demander dans quel état d’esprit j’allais arriver là-bas, et, en gros, pour rivaliser avec ma sœur . Par exemple être celle qui paraît la plus belle naturellement (désolée, je suis bien une fille), mais bon ma sœur est plus jeune, blonde aux yeux bleus (je l’ai déjà dit) et finalement n’a pas l’air d’une mauvaise bougresse. Alors après je pensais à avoir l’air d’être celle qui est la moins bête ou la plus gentille… Et comme dirait D, c’est assez « narcisse » comme façon d’être. Finalement je crois que je voudrais souvent avoir l’air le plus ceci ou cela, pourquoi d’ailleurs ? pour être aimée, admirée, remarquée… Je crois que je suis loin encore de réaliser que ça ne m’apporte pas grand chose au final. Alors je me suis dit que ce qu’il faudrait que j’arrive à faire, c’est faire en sorte que les gens se sentent à l’aise, soient contents… mais finalement c’est pas très précis comme but et qu’est-ce que ça peut leur apporter ? donc j’en ai conclu que je ne pouvais pas faire grand chose au final, que quoique je prenne comme attitude ça ne changerait pas grand chose à ce repas. Alors j’y suis allée en me disant que j’allais prendre un bon repas, raconter 2/3 bêtises et essayer de ne pas m’éterniser. Parce qu’au final j’ai bien aimé ça, alors si j’y reste trop longtemps je risque de me coller trop à leur manière d’être (je suis une vraie éponge). Bon, je pense que j’arrive à garder un petit peu d’esprit critique, d’ailleurs dans mon « calcul », j’espère que ça ne se voit pas trop. Alors soit ça se voit et de toutes façons je ne dois pas avoir l’air plus bizarre que n’importe qui, soit ils ne voient rien du tout car trop occupés par eux-mêmes. Bon là où je me suis despongifiée c’est quand mon père nous a fait regarder une série parodique et qu’ils étaient pétés de rire devant et que je ne trouvais pas d’intérêt à me péter de rire devant un truc aussi primaire (ça volait carrément pas haut). Bref. Je sais pas trop où investir mon énergie mais pas en déperdition totale comme ça. En même temps j’aime bien me sentir un peu supérieure de ne pas rire à des trucs comme ça…

Sauf que finalement je me suis rendue compte que j’avais quelques points communs avec ma sœur, plus que ce que je croyais. Ca m’a fait bizarre. D’ailleurs au bout du compte je ne peux pas trop me sentir supérieure à elle, c’est embêtant, mais en même temps on se sent moins seule dans sa soi-disant supériorité. En fait j’aime bien sentir cette sorte de proximuité et sans doute c’est pour ça que les gens aiment bien aller « déconner » ensemble, sauf que c’est vraiment à perte, alors j’ai essayé je crois de calmer une sorte d’élan vital qui voulait trop aller par là. Peut-être je ne devrais pas car c’est peut-être brimer mon énergie… Oulala je sens que ça m’évoque plein de choses tout ça, mais faut que je fasse le tri pour une prochaine fois.

Non, c’est juste que je réfléchissais à ce que je crains que ça m’emmène comme état. Une sorte d’état où on est tout fou, sans recul, sans conscience même. Comme si je n’allais jamais dans ce genre d’état… mais dans le « lol », je dirais que ça me donne l’impression qu’on va juste s’exploser dans le vide, c’est très effrayant comme impression. Mais en fait les gens vont rarement jusque là, je crois que je fantasme un peu. Bon, comme je le disais, j’y réfléchirai pour un autre fois.

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15 mars 2017

Discussion sur l'assomption (de "assumer" hein)

L'autre jour D s'est mis en tête d'essayer de me faire voir plus clair dans ma tête. Ca va un peu mieux mais s'en est fallu de peu, j'ai eu une forte accumulation de je ne sais plus quoi qui a failli me faire perdre complètement pied. Bon, c'est pas pour autant que j'y vois nettement plus clair mais bon. Affaire à suivre... 

D : pourquoi penses-tu que telle et telle personne que tu connais, et qui prétendent s'assumer très bien, ne s'assument pas ?

Moi : pour moi  ce qu’elle appelle s’assumer, c’est suivre sans réfléchir les impulsions de son vitalsi elle assumait d’ailleurs elle pourrait prendre en considération réellement les critiques sur des actes passés sans se trouver des excuses bidons du genre « oui mais j’étais jeune ». Là, c’est pareil elle n’essaye pas de comprendre réellement ce qui l’a poussé à faire ceci ou cela, parce que ça serait découvrir qu’elle est qqun qu’elle ne veut pas être. Elle préfère se faire croire autre chose

D : c'est vrai que dans ce que tu décris, la cuisine et tout ça, on pourrait dire que tu n'es pas sûre de tes motivations, ce qui entraînerait le fait que tu ne t'assumes pas

M : en résumé je dirais s'assumer c'est faire avec ce qu'on est et ne pas se faire croire qu'on est autre chose

D : pas seulement faire avec ce qu'on est, parce que si on est plusieurs, on va avoir du malpar exemple, si tu fais le ménage pour des mauvaises raisons, ça devient complique - par exemple fuir le désoeuvrement et être aimé, on ne peut pas assumer de mauvaises raisons
et que si on a 2 raisons et qu'une est mauvaise (et donc qu'on est 2 dans sa tête) on ne peut pas assumer non plus
donc assumer, c'est pas seulement connaître ses motifs, c'est avoir des motifs assez corrects
enfin bon, on peut essayer d'assumer la jalousie et tout le reste, mais c'est pas si simple

M : mais c'est quoi des motifs corrects ? 

D : ah ben tiens bonne question
qu'est-ce qu'une motivation qu'on peut assumer ?

M : les motifs corrects ?

D : des motifs que toi tu pourrais assumer

M : ben aimer faire ce qu'on fait

D : et par exemple hier tu as aimé ce que tu as fait ?

M : disons que j'y trouve toujours un certain plaisir, mais c'est mêlé. J'aime bien cuisiner, on faisait une nouvelle recette, en plus peut-être que ça allait être bon. Pour la vaisselle, j'aime bien quand c'est propre, on y voit plus clair. Mais peut-être aimer ce qu'on fait ça devrait être surtout au niveau du geste même, non ?

D : pas le résultat, mais le fait de le faire. Parce que le résultat c'est pas suffisant

M : ah c'est bien ce que je dis
mais j'ai du mal à démêler, parce que faire la vaisselle en soi c'est pas désagréable, ou alors faudrait que je vois les inconvénients qui prouveraient que j'aime pas réellement ça. Mais y a peut-être toujours des inconvénients à ce qu'on fait

D : non mais il s'agit d'observer, pas de réfléchir

M : ben là aussi je m'emmêle

D : donc on en revient toujours à la même question : qu'est-ce qui fait que tu as l'impression de ne pas t'assumer ?
je crois que c'est un peu le noeud de toute ta vie finalement
c'est peut-être pour ça que tu as la tête retournée

M:  peut-être parce qu'au final je voudrais être ailleurs avec d'autres gens 

D : où avec quels gens ?

M : à la maison avec toi

D : we mais quand t'es là tu t'assumes plus ?

M : sans doute pas beaucoup plus

D : je crois pas non plus, donc c'est pas la vraie raison

M : bon alors, peut-être parce que c'est pas clair ce que je veux vraiment

D : il me semble oui
il faudrait juste que tu arrives à définir ce que tu veux

M : c'est pas la même chose que ce qu'on veut vraiment ?
c'est là que j'ai du mal à faire une distinction

D : mais en tout cas ne pas le savoir fait qu’on ne peut pas s'assumer

M : savoir ce qu'on veut c'est plus global ?

D : ah non, tu ne sais pas ce que tu veux vraiment
mais c'est sans doute pq tu veux des trucs contradictoires, il y a des parties de toi qui veulent des trucs 

M : mais c'est pas de motivations dont tu parles ?

D : oui c'est des motivations, moins c'est unifié, moins on s'assume
chez les gens c'est dans tous les sens

M : oui mais est-ce que ça veut dire qu'il existe quand même LE truc qu'on veut dans la vie ? 

D : non ça veut dire qu'il faut le créer, ou disons qu'il est dans ton âme et qu'il faut la faire descendre

M : qui va tout unifier ?

D : oui

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13 mars 2017

De la culpabilité

Je dois dire que j'admire (le mot est peut-être un peu fort) les gens qui assument ce qu'ils sont, ce qu'ils font. Dans le sens de regarder en face les conséquences de leurs actes et de ne pas surenchérir avec diverses réactions comme notamment la culpabilité. J'en tiens d'ailleurs une bonne couche. Par exemple hier je suis allée à l'anniv de la copine de mon père où je connaissais vaguement 2/3 invités sur une vingtaine. En fait dès le début je culpabilisais de diverses choses comme de ne pas avoir apporter à manger, ne pas avoir apporter un cadeau (n'importe quoi, alors qu'une semaine avant j'avais apporté un bon gâteau et un bégonia, mais le bégonia je ne le trouvais pas superbe), ne pas être super emballée à l'idée de la fête. Donc j'ai voulu me rendre utile assez rapidement (bon j'aime bien ça aussi) - Oulala les idées se bousculent dans ma tête, ça va mal finir ce post...- Et j'ai donc passé beaucoup de temps en cuisine à faire une sorte de dessert avec mon père et à faire la vaisselle. Il faut dire aussi que ça m'arrangeait bien aussi de ne pas passer trop de temps avec tous ces gens qui n'avaient pas l'air de mauvais bougres, mais bon... Alors je dois dire aussi que je culpabilise aussi de juger tous ces pauvres hères dont je ne vaux guère plus. Bref, je pourrai continuer à faire une longue liste comme ça.
En fait c'est pratique cette culpabilité, comme ça on n'a pas à observer qu'en est-il vraiment. Observer comment se débrouillent les autres gens par exemple. On n'a pas non plus à essayer de comprendre ce qu'on voudrait réellement au fond. C'est assez évident que moi je cherche à plaire, à faire en sorte que les gens trouvent (enfin, ils le disent, mais qu'en-est-il au fond ?) que je suis qqun de formidable et ça marche d'ailleurs. Le problème c'est que maintenant ils vont se dire qu'ils devraient plus souvent me convier à leurs fêtes. Heureusement ça ne sera pas possible les prochaines fois. Donc voilà, j'arrive à mes fins et ?... me voilà bien avec mon paquet de culpabilité toute seule dans ma chambre. 
Le soucis c'est que je m'emmêle un peu les pinceaux. Si je fais le ménage, la cuisine chez moi est-ce parce que j'aime ça ou parce que je culpabilise ? pareil si je fais un joli dessin à un proche... y a un peu des 2 pour le dessin, pour le ménage, ça peut être à défaut d'autre chose...

Bref, ça s'embrouille un peu dans ma tête alors je vais m'arrêter là et reprendre une autre fois. Je ne suis pas sûre que toutes ces réflexions me soient très utiles au final.

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Le vote gris

 

Moi parler politique, quelle drôle d'idée ! comme si ça m'intéressait... c'est juste que j'arrête pas de voir sur FB des gens partager une pétition pour la prise en compte du vote blanc. Et avec mes 2 neurones je me suis dit, mais les politiciens ils voudront jamais, parce que ça serait nous donner le bâton pour les battre, genre "y a aucun candidat qui me va, donnez-nous autre chose" revient à dire "vous êtes tous des abrutis, soyons sérieux pour un fois"... Comme dit D, les gens voudraient que ça soit reconnu mais pourquoi faire ? tu crois que les politiciens ils vont se dire "ben mince, nos programmes plaisent pas, qu'est-ce qu'on a fait de pas bien". De toutes façons c'est comme sur fb où tu peux pas critiquer (ou n'importe où d'ailleurs), tu peux mettre des "j'aime...lol... pas content... triste... », mais des « j’aime pas… c’est nase et débile… » . Et pas mal de gens trouvent ça très bien parce que ça se fait pas de critiquer hein. Alors après on s’étonne que le vote blanc soit pas reconnu. Critiquer pour moi, ça veut dire faire la distinction entre ce qui est bien (fait) ou pas mal (fait) (en gros), ce qui est beau ou pas beau. Et si on ne peut plus faire cette distinction, forcément on va sombrer dans la médiocrité. Et puis c’est commode, comme ça personne n’a à se remettre en question, chacun fait tranquillou son truc dans son coin en pensant qu’il est génial. Moi-même je vois que si je ne suis confrontée à rien dans les domaines où je m’aventure, j’aurais tendance à le croire. Mais je dois sûrement être une exception. 

Bref. Si les gens veulent vraiment manifester leur mécontentement, ils n'ont qu'à ne plus aller voter pour tous ces malfrats qui ne voient même pas qu'ils le sont tellement ils n'ont aucune notion de la vraie vie. Ne plus regarder la télé aussi. D'autres choses sûrement utiles mais que je ne suis pas encore prête à abandonner comme les courses en supermarché ou sur amazon, parce que bon, c'est quand même moins cher. Après moi je n'ai pas l'âme d'une révolutionnaire, alors je ne m'égarerai pas davantage dans ce propos.

"Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit" (Coluche)

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